Interview même Cosmetics

Contexte: Même Cosmetics a participé à la seconde édition du Programme Onco Entrepreneur. Nous avons décidé de les interviewer pour avoir un retour sur leur expérience de création d’entreprise et leur point de vue sur le Programme.

Cancer Campus : Comment est né votre projet ?

Même Cosmetics : Notre projet est né de nos expériences professionnelles puisqu’en fait Judith a perdu sa maman depuis bientôt 7 ans et j’ai à peu près toutes les femmes de ma famille qui sont passées par là et nous nous sommes rendues compte en tant que filles de mamans malades et proches de femmes malades que quand on est sous traitement anti-cancéreux on doit faire face à des besoins hyper spécifiques au niveau de la peau. Etant toutes les deux très adeptes de cosmétiques on a cherché des solutions en pharmacie et dans les magasins bio et nous n’avons rien trouvé on s’est trouvées démunies face à ces besoins non comblés. Nous nous sommes rencontrées toutes les 2 chez L’Oréal c’est Judith qui a eu cette idée à la base, elle m’en a parlé et tout de suite ça a fait “tilt” on s’est dit bien sûr qu’il faut travailler là-dessus il y a un réel besoin et on ne comprenait pas comment aucune marque n’y avait pas pensé ni osé.

 

Cancer Campus : Quel est le besoin ?

 

Juliette :  Sous traitement il y a des réactions qui se voient de l’extérieur par exemple on perd ses cheveux du coup le cuir chevelu est mis à mal puisqu’on a plus ses cheveux qui protègent le cuir chevelu, la perruque démange. On a aussi au niveau des ongles des dédoublements, des fissures cela va même jusqu’à la perte des ongles. Ce sont des choses qu’on ne connaît pas quand on n’est pas malades. Il y a également le syndrome main-pied qui est une sècheresse extrême des mains et des pieds et des sensations de brûlures, de démangeaisons qui peuvent être très handicapantes car des petites plaies et des grosses crevasses peuvent apparaître et empêcher de marcher normalement ou d’écrire quand le syndrôme est trop avancé. Or cela peut être limité si on hydrate au maximum en amont dès le début des traitements quand on est informés par l’équipe soignante. Il y a plein d’effets comme ceux là ; on a aussi de manière générale la peau qui se dessèche extrêmement. Cela est provoqué par la chimiothérapie, l’immunothérapie et les thérapies ciblées.

Cancer Campus : Et la radiothérapie ?

Juliette : La radiothérapie brûle carrément la peau. On ne s’est pas encore attaqué à ce sujet ; c’est une réponse d’ordre plus médicamenteuse qu’il faut apporter à cela, de plus en radiothérapie les médecins conseillent de n’appliquer aucune solution pour éviter de dévier les rayons.

Cancer Campus : Donc c’est connu par les médecins mais ils n’y accordent pas d’importance ?

Judith : Ces besoins sont connus par les médecins mais la majorité d’entre eux n’ont pas le temps de s’occuper de ça car leur priorité est d’éradiquer la tumeur ou autre métastase et vous connaissez aussi bien que nous les programmes chargés des oncologues qui ont très peu de temps par patient et qui du coup n’ont pas le temps d’aborder ce sujet là. Les patientes ont des questions prioritaires plutôt que de parler de leur problème de peau. On est un peu démunis face à cela, nous avons connu ça avec nos mères il y a très peu d’informations sur tout cela. Ma maman a eu un syndrome main pied sans avoir jamais eu connaissance de comment on pouvait l’anticiper, le prévenir ou le limiter et elle ne supportait plus de ne plus pouvoir marcher et de tenir un stylo donc elle a donc demandé à son oncologue de stopper le traitement et on connaît la fin… Les oncologues se rendent très bien compte de l’importance de certains effets secondaires et indésirables des traitements puisqu’ils sont parfois une cause d’arrêt des traitements et c’est un échec terrible pour eux quand ça se passe comme ça mais ils manquent de temps. Depuis que ma maman est décédée, les choses se sont considérablement améliorées : il y a eu les plans cancer, l’arrivée et le développement des soins de support qui font qu’on commence à prendre en charge les « à côté » de la maladie en France, le parcours de soin est mieux rôdé notamment dans les centres anti-cancer. Il y a a peu près une socio esthéticienne par centre de lutte contre le cancer ce qui fait pas beaucoup de socio esthéticienne par patiente... Les femmes vont maintenant chercher très facilement de l’information sur internet et se posent pas mal de questions.

Juliette : Oui, de l’envie de répondre à leur questions, à la fois par des produits et aussi avec du contenu qu’on a sur notre site internet et qui est très important pour nous puisqu’on va au delà des produits. On essaye de regrouper tous les conseils bien être beauté qu’on a reçu via des oncologues, dermatologues, infirmières et patientes elles-mêmes qui nous ont parlé de toutes ces choses qui permettent de mieux vivre.

Cancer Campus : En ce qui concerne vos parcours universitaires ?

 

Judith : On a des formations hyper différentes. Je suis designer industriel à l’origine je me suis donc occupé du packaging mais pas que du coup (rires) et Juliette a fait Science Po puis HEC nous avons eu des compétences assez différentes mais complémentaires ce qui nous a permis de nous faciliter le lancement de l’entreprise. Nous n’avons eu besoin de personne pendant presque 1 an Nous n’avions eu besoin de personne à part d’un laboratoire et d’un chimiste ; nous avons externalisé cette partie-là.

Cancer Campus : A quelle édition du Programme OncoEntrepreneur avez-vous participé ?

 

Juliette : 2015/2016

Cancer Campus : Où en était l’avancée de votre projet au moment où vous avez suivi le Programme OncoEntrepreneur ?

 

Judith : Nous avons créé l’entreprise en janvier 2015 donc nous avions créé l’entreprise au sens légal et juridique. Nous étions en pleine formulation de nos produits à ce moment-là avec nos partenaires R&D. Nous avions des prototypes de produit et plein de projets.

Juliette : Nos objectifs à ce moment-là était de réaliser une étude clinique sur les produits que l’on formulait et de lever des fonds pour financer cette étude clinique.

Cancer Campus : Le programme OncoEntrepreneur vous a apporté sur quel plan ?

 

Judith : Cela nous a apporté beaucoup de légitimité. C’est un label qui a été très intéressant pour nous car nous avions besoin (aujourd’hui encore) de nous faire connaître auprès du milieu médical et ce label nous a rendu crédible rapidement aux yeux des personnels soignants. Cela nous a également apporté une légitimité pour notre levée de fonds. On a également pu rencontrer beaucoup de personnes et d’élargir notre réseau dans le domaine de l’oncologie.

Cancer Campus : Comment on formule une crème par exemple, vu que vous n’êtes pas scientifiques ?

 

Judith : Nous avons pu comprendre avec nos expériences dans le milieu des cosmétiques que beaucoup de produits sont composés de perturbateurs endocriniens qui peuvent perturber au niveau hormonal les cellules. Nous ne voulions absolument pas de tout ça dans nos formules. Nous avons voulu faire du bio mais on s’est rendus compte après avoir discuté avec des oncologues que le bio était une catastrophe pour les femmes malades car  ce sont des huiles essentielles qui permettent de conserver et ce sont des huiles hyper allèrgenes quand on n’est pas en bonne santé et qu’on a des peaux sensibles ou abîmées. On était dans une impasse dès le départ et le challenge était de composer des formules sans ingrédients néfastes et que les produits soient agréables. Cela a été assez long car nous avons dû consacrer un an à réaliser nos 7 formules (laboratoire P&B Group) avec une liste de 400 ingrédients que nous ne voulions pas dans nos formules et que nous avons minutieusement répertoriés sur un fichier Excel. Laurent Dodet qui est le directeur de ce laboratoire est la première personne qu’on a rencontré, au bout d’une semaine. C’était notre premier partenaire et nous l’avons rencontré très vite puis nous lui avons présenté notre projet qui tenait sur 2 slides et demi et qui ne donnait pas envie quand on revoit la présentation rétrospectivement. Il y a tout de suite cru et a dû être touché de près ou de loin car il était très sensibles à ce qu’on lui racontait et il nous a dit « j’imagine que vous n’avez pas beaucoup d’économie étant donné que vous sortez de stage du coup je vais vous mettre mes équipes R&D sur votre projet je suis sûr que vous allez trouver des financements vous me paierez quand vous pourrez ». Et du coup grâce à lui et au fait que petit à petit on a eu des vrais produits à présenter tout a été un cercle vertueux parce qu’une fois qu’on a eu les produits, aller voir les investisseurs avec quelque chose de concret leur a permis de se projeter et c’est clairement grâce à lui qu’on en est là aujourd’hui.

Cancer Campus : Quelles recommandations apporteriez-vous au programme Onco Entrepreneur ?

 

Judith : Il manquait de projets un peu moins pointus parmi les porteurs de projets

Juliette : il y en a plein en ce moment en plus des projets axés sur le bien-être, à côté de la maladie. Nous avons fait partie des incubateurs d’HEC et Science Po et l’intérêt est de pouvoir partager des expériences avec d’autres qui vivent soit la même chose soit pas du tout la même chose mais qui nous apporte quelque chose. Plus les profils et les sujets sont variés plus on peut s’apporter mutuellement. On s’est senti de côté parfois par rapport à des biotech (on ne comprenait rien de ce qu’ils faisaient) car il y avait plein de synergie mais on ne savait pas quoi leur apporter et inversement. Pourtant cela nous a permis d’avoir des contacts sérieux à Gustave Roussy, des médecins et scientifiques très réputés qu’on aurait pas pu rencontrer autrement.

Cancer Campus: Avez-vous gardé contact avec d'autres onco entrepreneurs?

Même: Non non mais l'autre jour on s'est écrit avec, j'ai un problème avec les prénoms à cause du jetlag je rentre des États-Unis, Sarah je crois celle qui nous avait mis en contact…

Cancer Campus: justement nous on essaye de travailler sur le fait qu'il y ait une communauté d'anciens, qu'il y ait plus de liens, plus de suivi, qu'il y ait vraiment un moyen de rester en contact sur la plate-forme .

Cancer Campus: ou même pour faire la promotion de certains projets qui ont réussi.

Même: bah je pense que faire aussi des petits événements un soir dans un bar sur Paris j'imagine que ça pourrait aussi être un moyen de garder le lien de manière régulière parce que l'IGR c'est un peu loin

Cancer Campus: et puis c'est pas très drôle non plus (rires)

Même : C'est pas mal votre petite maison du projet mais pour y aller ça demande un effort comme y'a pas encore le métro c'est compliqué

Cancer Campus: et concernant votre entreprise quelle est la situation actuelle ?

Même: depuis notre entrée au programme on a fini de former le produit on a fait une étude clinique au centre Léon Bérard à Lyon et à l'hôpital privé Jean Mermoz à Lyon aussi sur 70 femme sous traitement c'est un projet qui a été assez prenant pendant toute l'année 2016 parce que on a dû demander l'autorisation à l’ANSM c'était un bazar pas possible parce que c'était très compliqué à avoir on a eu un premier refus, on a dû retravailler faire du lobbying comme pas possible auprès de l’ANSM pour que ça marche parce qu'ils étaient un peu réticent. On comprenait pas pourquoi, ensuite on a réussi à avoir l'autorisation en septembre on a pu commencer l'étude qui a terminé toute fin d'année 2016 et on a donc pu commercialiser le produit à partir de fin janvier 2017, donc ça fait maintenant un peu plus de trois mois. C'est tout neuf on a eu le temps de faire mûrir notre projet on a mis plus de deux ans avant de le lancer parce qu'en fait l’ANSM nous a fait perdre pas mal de temps, donc on était prêtes avant mais on a perdu du temps et voilà le prix. Nos produits sont commercialisés sur notre site Internet et en pharmacie parce qu’en fait on a eu beaucoup d'appels entrants de pharmaciens qui était hyper intéressés par nos produits alors qu'au départ on voulait travailler à fond sur le digital parce que c'est quand même plus simple pour une jeune start-up et au final là on se met aussi sur les pharmacies parce qu'on se rend compte qu'il y a une réelle demande et aussi le fait que nos clientes sont parfois un peu âgées et n’ont pas obligatoirement envie d'acheter sur Internet, donc on développe cette taxe de distribution aussi. Et puis l'autre gros sujet cette année c'est aussi, on passe notre temps dans les services de cancérologie pour parler de la marque et pour faire connaître aux médecins et aux infirmières du coup ça prend un peu le plus clair de notre temps.

Cancer Campus: Comment réagissent les pharmaciens lorsque vous leur présentez vos produits ?

 

Même: Ils sont hyper intéressés parce que c'est une marque de Dermo-cosmétiques mais qui change un peu de toutes les marques qu'ils voient défiler toute la journée

Cancer Campus: Dans les pharmacies ça se remarque ces produits.

Même : Oui, après il y en a de plus en plus de cosmétiques, mais c'est aussi intéressant pour eux parce qu'ils ont l'impression de pouvoir apporter à leurs patientes, à qui ils donnent des trucs pas drôles toute la journée donc ça leur permet aussi de parler d’autres choses et de leur apporter un petit plus au quotidien. En tout cas pour l'instant on a beaucoup de demande on n'en encore une quinzaine de plus c'est 15 derniers jours donc ça avance bien.

Cancer Campus: Donc votre gamme de produit est complète ou vous comptez encore ajouter des cosmétiques etc. ?

 

Même: Exactement. Là on a recruté Meillat qui est au fond là-bas et qui est arrivée en janvier, qui est ingénieur de Paris Tech et qui est spécialisée en cosmétique. Elle a pour mission de développer tous nos produits donc on a une gamme de vernis qui va bientôt sortir, une gamme de maquillage. Et de manière un peu plus prospective on travaille aussi sur un solaire mais c'est plus compliqué.

Cancer Campus: Donc vos produits sont fabriqués en France ?

 

Même: Oui tout à fait. Tout est fabriqué en France à Aix-en-Provence et à Brest pour les gants et chaussons.

Cancer Campus: Et vous arrivez à gérer entre la distribution et la production ?

Même : C'est une galère de tous les instants et c'est pour ça que l'on s'est bien entourées on est plus toutes seules c'est un gros boulot.

Cancer Campus: Et au niveau des prix vous vous situez comment ?

Même: on est entre 9,90€ et 24,90€.

On voulait être absolument accessible.

Cancer Campus: Comment vous voyez votre entreprise dans 10 ans?

Même: alors là… Déjà quand on nous demande dans cinq ans on sait pas alors là dans 10 ans c'est quand même loin ( rire )

J'espère qu'on sera à l'international c'est surtout ça notre objectif parce qu'on se rend compte que finalement il y a pas mal de projets qui naissent ici et qui mériteraient de traverser les frontières, déjà là on a des commandes depuis la Suisse, la Belgique donc on sent qu'il y'a sûrement plein de choses à faire quand on traduira même en espagnol, en allemand, ...

Cancer Campus: Aux États-Unis ça existe pas du tout ce type de produit ?

Même: Si il y a une marque qui existe depuis assez longtemps, depuis une bonne dizaine d'années qui est pas dans le même esprit que la nôtre, qui est moins dans la féminité qui est un peu plus médicamenteuse dans l'esprit, qui marche plutôt bien là-bas puisqu'elle existe depuis 10 ans et qu'elle est plutôt assez bien déployée, elle est juste horrible en terme de formulation donc si on va un jour sur le marché américain... En plus ils sont assez sensible à ces problèmes d'ingrédients qui sont soumis à des doutes donc on aura pas mal de choses à apporter pour se différencier, puis on sera français,( rire) :. French touch

Cancer Campus: Comment vous réagiriez si un grand groupe veut vous racheter ?

Même: on sait qu'il y a des grands groupes qui nous regardent donc on n'y pense un peu pour l'instant en tout cas ce n'est pas à l'ordre du jour parce qu'on veut développer tous nos produits qu'on qu'on a sur notre to do de manière indépendante et de la même manière qu'on le fait là parce que comme disait Judith chez L'Oréal ça aurait sûrement pris trois mois de développement de produits là on a mis un an à interroger des femmes qui ont vu les produits, qui les ont vu évoluer etc. au fur et à mesure de leur retour et c'était hyper important pour nous d'avoir cette esprit start-up et flexible donc on va le garder un maximum. Après on verra parce qu'on sait très bien qu'un moment on va arriver à une sorte de plafond où soit on continue à s'épuiser contre les coups parce que c'est quand même plus compliqué ou soit on décide de faire des partenariats des choses comme ça mais pour l'instant on continue. On essaye de faire grandir notre bébé et de l'amener le plus loin possible, on verra après.

Cancer Campus: Est-ce que vous auriez un petit mot pour les prochains onco entrepreneur, les prochains participants au programme, un conseil à leur donner ?

Même: On est la preuve qu'il faut pas hésiter et que ça peut apporter plein de choses et puis c'est toujours intéressant d'être mélangé avec des beaucoup plus scientifique que nous même si on comprend pas grand-chose à ce qu’ils racontent c'est de l'entraide et puis c'était hyper intéressant

Cancer Campus: Vous avez appris des choses sur le financement,… Vous avez participé au Master class ?

Même: On était en pleine levée de fonds à ce moment-là et ça nous avait pas mal parlé le Master classe sur le financement notamment

Cancer Campus: Vous avez été entraînées à pitcher ?

Même: ça non

Cancer Campus: Justement cette année on a intégré les pitchs. Vous vouliez un entraînement pour le Pitch ?

Même: On en a tellement fait ( rires) on n'en peut plus si on pouvait ne plus pitcher ça serait top, on en a fait au moins 50 je pense ou 100

Cancer Campus: Du coup on a lancé ça cette année.

Même: Ah c'est bien ça je pense que pour des scientifiques purs c'est important

Cancer Campus: Il y a des investisseurs de venture capital qui sont venus, les onco entrepreneurs ont pitché devant et qui ont donné leurs conseils du coup ils avaient des retours légitimes des investisseurs en situation.

Même: Je me rappelle que le jury d'entrée était hyper intéressant pour nous parce que le jury était parti à Lannemezan, il y avait des personnes assez calées sur plein de sujets différents et on a eu des questions qui nous ont bien entraînées, c'était assez dur mais on avait apprécié parce que c'était intéressant donc oui important le Pitch.

Cancer Campus: Aujourd'hui vous vous payez? Vous avez un chiffre d'affaires ?

Même: Alors on se paye pas avec notre chiffre d'affaires on se paye avec notre levée de fond depuis un an et on a recruté une petite équipe mais aujourd'hui on a un chiffre d'affaires qui commençe a rentrer qui est un petit peu en dessous des objectifs mais ça commence bien

Cancer Campus: Vous êtes six alors c'est ça ?

Même: Oui c'est ça.

Cancer Campus: C'est quoi les postes à peu près ?

Même: On a Charlotte qui s'occupe du e-commerce et du digital qui est arrivé il y a un an, on a Meillat au fond qui s'occupe du développement produit, et on a Victoire qui s'occupe de la logistique, moi (Judith) je m'occupe plus de la partie Marque communication et marketing et Juliette s'occupe de la partie commerciale et aussi de la communication scientifique notamment auprès du milieu médical, C'est Juliette qui a géré la partie étude clinique par exemple et qui s'adresse aujourd'hui aux pharmacies

Cancer Campus: Au cours de votre projet est-ce que votre regard sur les cosmétiques à changé quand vous avez découvert leur composition ?

 

Même: On avait déjà découvert ça quand on travaillait chez L'Oréal, l'envers du décor et ce que coûte un parfum de luxe. Notre vision des faits et cosmétiques elle change tous les jours comme on est hyper intéressées par ce sujet on lit beaucoup de choses dessus on s'intéresse à tout ce qui sort dans plein de pays on est un peu toujours aux aguets donc on voit que les choses commencent à bouger dans un certain sens et on essaye d'être un peu en avance. Il y a deux ans les perturbateurs endocriniens on commençait à en parler mais pas trop et puis là depuis le début de l'année il y a au moins quatre dossiers dans Le Monde, UFC - Que Choisir, Qui ont fait le Buzz et le fait qu'il y en avait chez Avène, Laroche Posay... On comprenait pas pourquoi, parce qu'on peut faire sans. Donc on est contentes d'être dans la bonne dynamique. Après c'est sur qu'on est les premières utilisatrice de nos produits, on a des produits qui sont plus spécifique mais vraiment utilisables que par les femmes malades par exemples la brume pour cuir chevelu ainsi que les gants et les chaussons qui sont pour le syndrome mains-pieds dont je vous parlais et le soin pour les ongles pour éviter les fissures etc. et le reste ce sont des produits qui sont plus quotidien crème visage crème corps et gel douche  qui répondent à la charge de formulation qu'on a édifié pour une gamme totale.

Cancer Campus: Et vos clients du coup elles sont satisfaites ?

Même: Allez voir sur le site (rires) on a un petit mur de lettres de femmes qui nous écrivent, elles nous disent qu'elles sont contentes et sur le site et laissent leur avis sur la page produit, on a des super retours c'est une belle récompense.

Cancer Campus: Et si vous déménagez, où est-ce que vous iriez ?

Même: Pourquoi déménager ?

Cancer Campus: Parce que vous disiez que c'était un peu petit.

Même: En fait on a un propriétaire qui a à peu près 60 immeubles dans le coin donc il pourra nous bouger dans un local un peu plus grand c'est déjà prévu.

Cancer Campus: Non mais je ne faisais pas d'appel de pieds pour Villejuif (rires). Peut-être quand il y aura le métro ?

Même: Ah quand il y aura le métro pourquoi pas (rires)

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